A propos du travail de Joël Crespin...


" L' être idéal est un ange dévasté par l"humour " , disait Cioran. Avec leurs
grands yeux noirs écarquillés et leurs nez gonflés de boudin mou comme pour
mieux renifler des odeurs de fausse sainteté, avec leur air de clown triste et
leurs couleurs bariolées, les personnages de la vie fantasque de Crespin
ressemblent à des séraphins aux ailes coupées, tombés à la fin d’une fête
ratée.

..... Un embrouillamini de rayures, carreaux, petits pois empruntés aux tissus
qu’il affectionne et des étoiles à la Miro , se pressent dans ses historiettes
venues tout droit des contines enfantines ou des succès de Montand.
Sur les murs de l’atelier graffité au cours des nuits de fièvre et d’acharnement,
Un clin d’œil à Breton : " moucher la vache dans l"œil ".

Anne Kerner



.....Le théâtral l’emporte sur le pictural : tentative de classification : un certain
expressionnisme populaire. Pour Joël Crespin, " le modèle doit avoir un geste 
scénique ".
Le spectateur, malgré lui est pris à partie ; il s’improvise acteur ; nous sommes 
proches de la Commedia dell’arte. 

Alexia Guggemos



Il y a dans les travaux de Crespin un côté chiffon que l’on trouve chez Matisse et qui donne 
à leur peinture un aspect enveloppant – et pour le coup : charnel.
Son utilisation du noir (contours), vient, comme chez les fauves, affirmer les formes, 
tracer les limites (entre les couleurs, mais aussi du jeu... pictural).

Catherine Cazalé





L’idée d’un sensualisme radical dur :


Trimer la trame.
Je choisis un beau châssis, que je pose couché.
J’y colle du tissu dessus, je maroufle,
gondole, encolle et décolle.
Je patauge, tel un cochon dans son auge.
Lorsque la toile est encore aimante, je l’enduis.
Je cherche, trouve et cerne.
Enfin l’introduction de la couleur, les rythmes bancals à contretemps.
La forme est ronde, la courbe est douce… et si l’on sonne,
il n’y a personne ...

Joël Crespin

















Site créé par Dorian CRESPIN   2006